Volontairement absent des médias
depuis l’automne dernier, l’ancien premier secrétaire n’en reste pas moins dans
une « démarche de travail » comme il aime à le répéter. François Hollande va
d’ailleurs lancer prochainement son club de réflexion. Son objectif non
dissimulé reste l’élection présidentielle de 2012. Mais certains le verraient
bien passer avant par la case conseil régional.
L'hypothétique candidature de François Hollande à la tête de liste
socialiste dans le Limousin a pris récemment de l'ampleur, même dans les rangs
socialistes. Mais l’intéressé n’y offre pour l’instant aucun écho.
Un problème de calendrier
La prochaine réforme des collectivités pourrait renforcer le poids de la
région, et la rendre plus intéressante pour un présidentiable comme François
Hollande. Mais la réforme risque de repousser les élections régionales à 2011,
ce qui laisserait trop peu de temps à François Hollande pour faire ses preuves
dans la collectivité avant les échéances présidentielles.
Et Jean-Paul Denanot ?
Qu’importe sa place sur la liste aux européennes, première, deuxième ou
troisième, Jean-Paul Denanot le répète à souhait: il ne veut pas quitter la
présidence du conseil régional du Limousin.
De plus, même si l’institution est récente, une tradition perdure aussi bien à
gauche qu’à droite et joue en faveur du feytiacois. En effet, le candidat tête
liste pour les régionales est toujours issu de la Haute Vienne. Et pour cause.
C’est le département le plus peuplé de la région, mais également celui qui
compte le plus d’adhérents au Parti socialiste, c'est à dire ceux qui votent
pour choisir le candidat qui portera leur couleur.
« Je n’y crois pas »
Un autre élément, peut-être le plus important, complique l’arrivée de l’ancien
maire de Tulle au conseil régional : son mandat de président du conseil général
de la Corrèze. Un proche de François Hollande le confirme : « Sérieusement
je n’y crois pas. Sans doute se prépare-t-il pour 2012, mais les régionales,
non. Imaginez, il serait obligé de lâcher le conseil général de la Corrèze, et
c’est inconcevable car il ne tient qu’à un siège. On ne lui pardonnera pas de
perdre un conseil général pour une place dans un conseil régional qui nous est
acquis ».
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Des conseillers régionaux du Limousin ont accepté de commenter en
exclusivité pour le blog, et avec humour pour certains, cet éventuel retour de
François Hollande.
Raymond Archer (conseiller régional,
président du groupe UMP)
« Ce n'est pas l'intérêt politique qui peut amener François Hollande au
conseil régional du Limousin, sauf s'il parie sur une réforme des collectivités
locales renforçant les régions. Que deviendrait Denanot qui a déclaré urbi et
orbi que même européen il conserverait la présidence de la Région Limousin;
c'est à dire un exécutif qui prend du temps ! Et c'est peut être là que se
situe le deal avec François Hollande… ».
« François Hollande a déjà siégé au conseil régional du Limousin et avait
promis qu'en cas de cumul il resterait ! Evidemment, à la première occasion il
a quitté le navire (…). J'avais d'ailleurs pris la parole en séance pour louer
son sacrifice et j'avais ajouté que l'on s'en souviendrait. Et j'ajoute qu'à
chaque fois qu'un élu (Chandernagor, Longequeue, Peyronnet, Rodet, Boulestin
récemment..) à eu à choisir il a toujours laissé la région pour siéger
ailleurs. Ce n'est pas propre au Limousin mais c'est un indicateur important au
sujet de l'importance accordée à cette institution malheureusement ».
Ghilaine Jeannot-Pagès
(conseillère régionale déléguée, Verts)
« Je ne suis (malheureusement?) pas au fait de cette dernière actualité... je
crois que le plus simple serait de demander à l'intéressé (voire aux intéressés
..) ».
« Si M. Hollande nous faisait l'honneur de rejoindre les Verts et de
souhaiter revenir au conseil régional en figurant sur la liste que nous
constituerons, je ne manquerai pas de vous en offrir la primeur… ».
Jean-Jacques Bélézy (conseiller
régional, MoDem)
« Il est difficile de se projeter dans les prochaines élections régionales
puisque la réforme territoriale peut changer toutes les règles du jeu. Il
appartient au parti socialiste de choisir ses représentants aux élections, je
ne veux pas m’immiscer dans ce choix. Suivant les nouvelles configurations
territoriales et les évolutions des opinions le paysage politique peut évoluer
».
« Toutefois je ne vois pas ce que François Hollande pourrait apporter de plus à
la région Limousin. Il est porteur d’une conception politique dépassée, il
pratique facilement la démagogie, et il n’a pas montré à Tulle ou en Corrèze de
réelle capacité à améliorer la vie de ses habitants ».
« Il est obnubilé par sa candidature aux élections présidentielles et
délaisserait bien vite le nécessaire travail dans la région au quotidien pour
assouvir ses ambitions nationales ».
« N’ayant pas eu de responsabilité gouvernementale il n’aura pas de grande
influence sur les décisions nationales qui pourrait aider la région ».
« Je le vois difficilement guider la région vers une collaboration avec le
Poitou-Charentes qui pourtant représente la plus intéressante communauté
d’intérêt que nous ayons à développer pour suivre le court naturel de
l’économie de Limousin ».
Murriel Padovani-Lorioux
(conseillère régionale, Verts)
« Nous ne sommes pas PS et ne choisissons pas pour eux (...) ».
« La prochaine élection ce sont les Européennes, et si Jean-Paul Denanot est
élu il n'en a pas moins dit qu'il ne quitterait pas la Région... Après, tout
est problème de cumul de mandats ! (...) ».
« De toute façon une présidence de région est une présidence de département !
Nous avons déjà eu un premier vice-président de région président d'un
département... tout cela est navrant, nous sommes dans les féodalités
politiques et ce n'est pas comme cela que nous arriverons à avoir des logiques
de territoire. Qui plus est, je doute que l'électorat de François Hollande soit
content qu'à peine élu président il quitte le département, mais ça c'est leur
problème (...) ».
« A quand une vraie transparence de la vie politique, de vrai représentations
proportionnelles autour de programmes novateurs, profondément écologiques qui
puissent donner de vrais perspectives aux citoyens sociales, environnementales
et économiquement solidaires....plutôt que des batailles de chef surannées !
».
Michel Fourgeaud (vice–président
du conseil régional, ADS)
« Je le connais, on a toujours eu de bonnes relations, je ne vois pas d’a
priori. Mais je n’ai pas de position particulière par rapport à ça ».