Blog politique de Tristan Bromet - Limoges, Haute-Vienne (87), Limousin

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Tag - Constitution de 1958

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lundi 21 juillet 2008

> La réforme des institutions: ce qui va changer

La réforme des institutions a été adoptée lundi par le Parlement réuni en Congrès à Versailles. Le texte a été adopté par 539 voix contre 357, soit une seule voix de plus que la majorité requise des 3/5 des suffrages exprimés.

Voilà ce qui va changer.

Pour l’exécutif:
- Les mandats présidentiels seront limités à deux successifs.
- Le Conseil supérieur de la magistrature ne sera plus présidé par le président.
- Le chef de l’Etat pourra prendre la parole devant le Parlement.
- Les ministres issus du Parlement retrouveront automatiquement leur siège en cas de démission ou de renvoi.

Pour le Parlement:
- Le recours à l’article 49-3 sera limité à un texte par session (excepté pour les projets de loi de finances et de financement de la Sécurité sociale).
- Le gouvernement sera maître de l’ordre du jour 15 jours par mois, la majorité 14 jours, et 1 pour l’opposition.
- Le Parlement pourra opposer son véto sur les nominations les plus importantes du chef de l’Etat (majorité des 3/5 en commission).

Pour les citoyens:
- Un référendum d’initiative populaire pourra être organisé s’il est initié par 1/5 du Parlement, soutenu par 1/10 des électeurs.
- Les nouvelles adhésions de l’UE seront ratifiées par référendum, ou par voie parlementaire si les 3/5 de chaque Assemblée le demandent.
- Les langues régionales seront reconnues comme appartenant au "patrimoine national" de le France.
- Les justiciables pourront saisir le Conseil supérieur de la magistrature.
- Le juge constitutionnel pourra être saisi par les citoyens. L'"exception d'inconstitutionnalité" signifie qu'au cours d'un procès, un citoyen pourra soulever le caractère anticonstitutionnel d'une loi qu'on lui oppose s'il estime qu'elle porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit (chose qu'il ne pouvait faire jusqu'à présent).
- Un « défenseur des droits » pourra être saisi par les usagers d’un service public s’estimant lésés.
Jack Lang, un des rares élus socialistes a avoir défendu le texte, se serait vu promettre cette fonction par Nicolas Sarkozy selon l'hebdomadaire Marianne.

dimanche 8 avril 2007

> Le président, une autorité religieuse ?

chanoine.jpgSavez-vous à qui est réservée la stalle sur la photo ?

Au président de la république française !

Lorsque les Français vont désigner leur président, ils vont également élire un chanoine.

En effet, traditionnellement, le président de la république française est chanoine honoraire de Saint-Jean-de-Latran (à Rome), chanoine de la cathédrale d'Embrun et chanoine honoraire de la cathédrale de Saint-Jean-de-Maurienne.

Un chanoine est attaché à une église cathédrale ou collégiale, dont il forme le chapitre et où il célèbre en commun le service divin nous dit le droit canon. C'est un dignitaire ecclésiastique appartenant au conseil de l'évêque.

La Constitution de 1958 stipule que le chef de l'Etat jouit des pouvoirs et prérogatives de ses prédécesseurs. C'est ainsi que par héritage d'Henri IV pour la basilique du Latran, de Louis XI pour la cathédrale d'Embrun et de François 1er pour la cathédrale de Saint-Jean-de-Maurienne que le président de la république est chanoine de droit.

Charles de Gaulle, François Mitterrand et Jacques Chirac de passage en Maurienne, ont décliné l'honneur. Seul le maréchal Pétain a accepté.

Une chanoinesse, est-ce possible ? Si le prochain président était une femme, cela poserait en effet problème au Vatican. L'usage veut que le chanoine soit un homme, le contraire serait même contraire au droit divin ! (cf canon 502, 503 et 1024) Ce qui serait encore plus délicat, c'est un président non baptisé.

Alors oui, cela fait parti des anecdotes anectodiques de la campagne, mais imaginez la scène suivante: Marie-George Buffet (ndlr: une communiste française) ou Ségolène Royal chanoinesses honoraires de la cathédrale de Saint-Jean-de-Maurienne, siégeant face à l'évêque. Constitutionnellement c'est possible...

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