> Fusions de régions : le débat est relancé
Par Tristan le vendredi 12 décembre 2008, 13:27 - Lien permanent
Le Comité pour la réforme des collectivités territoriales, présidé par Edouard Balladur, serait favorable à de nouveaux découpages territoriaux, dont le rapprochement des régions Limousin et Auvergne.
Le retour de ce vieux serpent de mer,
défendu depuis toujours par l’ancien président de la région Auvergne, Valérie
Giscard d'Estaing, repose la question de l’intérêt d’une telle fusion entre ces
deux régions du centre de la France. Jean-Paul Denanot, président de la région
Limousin, à d’ores et déjà déclaré que cette fusion n’avait « aucun sens en
matière de territoire ».
Actuellement plusieurs éléments structurants rapprochent déjà les deux régions : la coopération interrégionale (GIP Massif Central, participation commune au projet Altro), la circonscription européenne Centre-Auvergne-Limousin, l’autoroute A89, le groupe de presse Centre France, la Caisse d’Epargne d’Auvergne et du Limousin, etc.
Mais des éléments de même nature rapprochent également le Limousin d’une autre région, le Poitou-Charentes : la prochaine LGV Poitiers-Limoges, la coopération des universités à travers le PRES, France 3 Limousin Poitou-Charentes, etc.
De plus la fusion avec le Poitou-Charentes, ou avec l’Auvergne, est compliquée par les projets de fusions de ces deux régions avec d’autres régions que le Limousin. Dominique Bussereau et Jean-Pierre Raffarin ont proposé cette semaine la fusion à titre d'expérimentation du Poitou-Charentes et de l’Aquitaine. Quant à la région Auvergne, elle pourrait se tourner, comme on le suggère au ministère de l’Intérieur, vers la région Rhône-Alpes (Clermont-Ferrand sera bientôt à 1h30 de Lyon).
D’une manière générale les fusions divisent. Même au gouvernement. Alain Marleix, secrétaire d'Etat aux Collectivités Territoriales, assurait encore début octobre que le gouvernement n’irait pas jusqu’à la fusion. Pourtant la réduction du nombre de régions semble en passe de devenir l’une des principales propositions du rapport final de la commission Balladur.








Commentaires
Est-ce que tout çà est une affaire de structures ? 'Grande" région ou pas, cela ne changera rien. C'est plutôt une affaire d'hommes. Voyez comme notre département a progressé sous Mitterrand, voyez comme la région a gagné avec le gouvernement Jospin. N'en déplaise à M.Denanot, c'est à Paris et à Bruxelles que tout se décide. Mais c'est ici que tout se paie, dans tous les sens du terme !
La Région Limousin n'a pas lieu d'être . Il faut que la Creuse se rapproche de l'Auvergne, la Corrèze de l'Aquitaine, et la Haute -Venne de Charentes Poitou.
Il faudra bien faire comme en Allemagne. De grandes régions.
Assez des petites "baronnies" et les "roitelets" qui y règnent
Rapprocher Auvergne et Limousin n'aurait pas grand sens. Les deux régions, même si elles appartiennent toutes deux au même massif montagneux, n'ont pas beaucoup d'intérêts en commun. Le Limousin a de tout temps été tourné vers l'ouest, le sud-ouest et le nord-ouest. Ce caractère est tout à fait naturel puisque c'est vers ces territoires que se dirigent les nombreux cours d'eau qui prennent leur source en Limousin. C'est donc logiquement avec ces territoires aquitains que le Limousin échange le plus comme il l'a toujours fait.
Par ailleurs, mettre dans un même panier Auvergne et Limousin, ne serait qu'additionner des handicaps et surtout mettre face à face (ou dos à dos ?) deux villes d'importance et d'ambition comparables qui ne feront que s'opposer.
Alors pourquoi ne pas être plus ambitieux et imaginer une interrégion "Grande Aquitaine" regroupant Aquitaine, Poitou-Charente et Limousin avec Bordeaux comme métropole et une série de villes importantes pour équilibrer le territoire (Angoulême, Poitiers, Limoges, La Rochelle, Bayonne...). Ce territoire serait beaucoup plus logique du point de vue géographique, économique, culturel et historique ; il représenterait un véritable poids économique en groupant des régions aux atouts complémentaires. Une telle structure serait à même de parfaire les réseaux de communication existants ou en projets (LGV, routes...) et de renforcer les coopérations déjà réelles entre les différentes universités ou pôles de compétence.
le truc c'est que mis à part les limougeauds, personne ne se sent limousins mais comme à France 3 région on ne parle que de Limoges forcement on a l'impression que cette région a une cohérence. Or ce que serait cohérent c'est de la diviser. La Haute-Corrèze et les Combrailles en Auvergne (Comme cela aurait toujours dut être le cas). Le bassin de Brive avec le Périgord (comme ils se le revendiquent). Et Limoges avec Poitou-Charente si ils le souhaitent!
Globalement, ce que je veut dire c'est qu'il faut arrêter de réduire le Limousin à Limoges car ce sont les seuls à être attaché au maintient de cette région ou plutôt de son statut de capitale régionale, vecteur de rayonnement et d'emplois. Mais ce qu'il ne faut pas oublier c'est que Limoges est la plus petite capitale de région de France et dispose du plus faible taux d'emplois métropolitains des capitales régionales. Bref, Limoges n'est qu'une ville de taille moyenne, fort jolie certes, mais pas une métropole capable de se lancer dans le concert des métropoles européennes.
Bref, l'avenir de nos territoires est dans le démantèlement de la Région Limousin!
Toute évidence, le but est de faire des zones de compétences et de compétitivité. Le terme de "région" doit être compris dans ce sens. Et non comme une revendication d'unité culturelle.
La culture Limousine n'est pas limitée dans le Limousin actuel. Historiquement il déborde en Dordogne et en Poitou. Tout comme les basques ne se considérent pas landais et les landais comme girondins, les creusois n'ont rien a voir avec les corrèziens, et les haut-viennois sont des limougeauds.
Laissons la culture de côté, qui n'a pas de frontières dessinées arbitrairement. Mais restons concentrés sur des coopérations économiques, scientifiques et techniques.
De toute façon l'histoire du Limousin n'est que ballotage entre roi anglais et roi français, langue d'oc et d'oil, la cité et du château. Son destin est d'être encore une fois balloté !