> Nouvelle formule pour Le Populaire
Par Tristan le mercredi 16 janvier 2008, 21:21 - Lien permanent
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plus rouge et petit format, le célèbre journal de la Haute-Vienne, Le
Populaire du Centre, changera une nouvelle fois de formule d'ici quelques
jours."Aller à l'idéal et comprendre le réel"








Commentaires
Est ce que le rouge vient saluer la victoire des socialistes aux prochaines élections ?
Ne vendons pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué mdr
Donc la brosse à reluire de la politique de Rodet sera rouge.
Mais de réduire le format va diminuer la taille des photospour les réalisations fantomes de la majorité sortante?
Comment le parrain du pouvoir local peut-il admettre cela?
Je me demande pourquoi vous n'achetez pas le Figaro...au lieu de vous fatiguer les yeux en lisant le Populaire.
@ Christophe. Acheter Le Figaro tu es fou non, ce journal n'est vraiment pas objectif comme Le Populaire d'ailleurs, comme beaucoup trop de journaux d'ailleurs.
Je me réfugie dans la lecture de Marianne et un peu de Libé (même si l'objectivité laisse aussi parfois à désirer). Il y a un excellent article dans Marianne (de la semaine dernière je crois) sur SARKO.
Si le Popu veut aller à l'idéal et comprendre le réel y a encore beaucoup de boulot, par exemple faire un véritable travail de journalisme.
Il y avait déjà eu quelques modifications du contenu du célèbre Popu ces dernières années et son directeur, F.Gilardi (fin connaisseur de l'oeuvre de Robert Margerit), avait invité un consultant en site internet pour qu'il vienne inciter les journalistes à "bloguer". Son récit (il n'est pas consultant en orthographe!) de l'expérience est mis en ligne sur le site de l'agence Reflect (Limoges/Paris)...
Cette fois, c'est le format qui change, comme on le constate et comme on peut le lire dans le "Propos d'un jour" du mercredi 23 janvier 2008: il faut coller, nous dit-on, à l'évolution de l'information; une dynamique de partage est même souhaitée avec le lectorat: "Le Popu est aussi un espace partagé". On a souvent ironisé sur la devise de Jean Jaurès écrit en minuscules caractères sous le bandeau de titre: "Aller à l'idéal et comprendre le réel", affirmant que le réel était plus présent dans le quotidien que l'idéal... Incontestablement, Le Populaire n'est plus un journal d'opinion clairement engagé à gauche. En ces temps où l'on a plus que besoin d'une opposition, on serait en droit d'attendre un grand éditorial, que ne remplace pas les choses vues "du campanile" ou d'ailleurs. De fait, trouve-t-on toujours des titres et des rubriques comme: "les cyclos du canton croquent la galette"; mais c'est en même temps ce que revendique la campagne publicitaire du "nouveau" journal: une proximité avec les gens, y compris ceux des petites communes et des petits évènements. Après tout, c'est aussi ce que l'on demande à la presse quotidienne régionale. Pour le reste, rien n'empêche de lire autre chose en complément - moi, c'est Libération. Rubriques habituelles: les avis d'obsèques (la communauté des vivants et des morts), les programmes de ciné, la recette, le feuilleton... et, plus étonnant: l'horoscope! Le mien ce jour-là: "c'est le moment d'oser vivre vos inclinations, votre pouvoir de séduction se renforce." Est-ce bien utile, franchement? (surtout de la part d'un journal que l'on a souvent dit proche de sociétés laïques et attachées à la Raison). De même pour la citation, le dicton et le proverbe du jour qui ont un petit côté almanach du 19ème siècle! Les sports sont plutôt bien développés (j'ai gardé une certaine sympathie pour ce service où je fis mes armes de pigiste à la fin des années 70!) et les pages "France et Monde" n'évitent pas le people avec une photo de Carla Bruni et un écho à son propos et à celui de Sarkozy... Une grande page météo illustrée laisse à penser que le lectorat y est très attaché et sensible - pourquoi pas? La région reste très rurale. Parmi les nouveautés, plutôt intéressantes et intelligentes: "L'image du jour" et le "Portrait" - ce jour-là paradoxalement celui d'une personnalité de droite: le professeur Michel Bernard, qui faillit faire tomber un Louis Longequeue vieillissant en 1989. Pour le reste, rien ne change vraiment dans l'esprit (faits divers, politique locale, urbanisme, un peu de culture...). Beaucoup de publicité aussi, dans ce numéro qui a sans doute bénéficié d'un effet "nouveauté" et de plus de lecteurs ce jour-là: grande distribution, soldes diverses, etc.
On aurait aimé aussi un article un peu plus à charge contre l'ambassadeur de Cuba en France en goguette à l'Université, puisque Reporters sans Frontières classe cette dictature en bas de son tableau consacré à la liberté de la presse... Mais il est vrai que la question est abordée. "Le rêve cubain" dont il est question dans le titre a abouti à un régime liberticide...
Au moment où j'écris ces lignes, je n'ai pas encore lu la rubrique "Sortir" hebdomadaire, dont je reparlerai ultérieurement; un quatre pages plutôt exhaustif, qui se signale en particulier par l'intérêt de ses critiques musicales et théâtrales, la littérature étant chroniquée surtout par l'Ecole de Brive dont on peut ne pas partager tous les points de vue.
Alors, ce nouveau Popu? Comme le dit la pub: "Il n'y a pas que Bruxelles dans le Populaire du Centre"; il y a aussi le très local. Mais ne soyons pas hypocrites: c'est pour cela qu'on le lit. Parce qu'il nous parle à sa manière de nous (et je n'ai certes pas à me plaindre de lui de ce côté-là) et de chez nous. Il reste donc une institution inévitable de Limoges et sa région et n'est pas prêt de quitter notre paysage médiatique! Ce n'est finalement pas si mal.
Le supplément « Loisirs – culture » de L’Echo du 1er février 2008, animé par Georges Chatain, dispose de sa page titre colorée, avec une ou deux illustrations et, sans les pages des programmes télévisés, de 7 pages ; il faut toutefois noter la présence d’une rubrique vinicole rédigée par Pierre Carbonnier… Tout au long des pages, présentées de manière très claire et lisible, l’agenda des manifestations culturelles, sans commentaires. Après quelques brèves non signées, Jacques Devaux propose une rubrique cinéma (deux films conseillés, accompagnés de brèves critiques : Nos souvenirs brûlés, avec une photo de la plantureuse Halle Berry et Cortex – une rubrique revues), ainsi qu’un long article à propos un festival cinématographique à Châteauroux consacré à John Ford. S’en suivent plusieurs textes signés par de simples initiales. A propos de la saison hivernale des estivales du Chalard, on sent revibrer la fibre communiste du journal qui note métaphoriquement, à propos du menu proposé à l’entracte : « Sympathique complément roturier aux nobles envolées de la musique. » M.D. annonce l’anniversaire du petit disquaire « Undersounds », fêté par un mini concert au Woodstock Boogie Bar ; à propos du « groupe – concept » « Germain Busine est Un Con », on lit cette remarque dont on ne sait si elle émane d’un service de presse ou du journaliste lui-même : « les chansons sont accompagnées d’instruments variés qui plaisent aux filles de petite vertu comme aux garçons de bonne famille. » - d’abord, pourquoi pas l’inverse ? cela ouvre d’insondables possibilités quant à l’identification des instruments en question ! E.S. (Eva Sala ?) annonce un spectacle clownesque au théâtre Expression 7 de Limoges, citant très largement, semble-t-il, « le texte », sans que celui-ci soit clairement identifié ; est-ce celui du spectacle ? du dossier de présentation ? Cette note est publiée 4 jours avant la programmation, mais la journaliste remarque : « Conté avec beaucoup de poésie, d’émotions, de sobriété et une bonne dose d’humour raffiné et de tendresse, le spectacle offre un savoureux mélange de Jérôme Deschamps… mâtiné d’interprétation à la Buster Keaton… et de Chaplin… » A-t-elle déjà vu le spectacle ? Les répétitions ? Dans la critique du Parisien à propos du spectacle, on pouvait lire : « Dans Tramps, il y a du Jérôme Deschamps (pour les situations drôlement absurdes) mâtiné d’interprétation à la Buster Keaton (pour l’énergie déployée). Chaplin a aussi laissé des traces. Pour la lucidité. » Sinon, la même E.S. présente ce qui semble être des cours de salsa proposés par « Alma Latina » : « … la salsa sous ses formes les plus diverses a conquis le monde entier et est devenue incontournable dans les soirées dansantes. » Eva Sala présente une exposition « Amitiés et cultures du monde : agir pour de nouvelles solidarités » qui, malheureusement, d’après la photo, ne semble guère attirer les foules au pavillon du Verdurier de Limoges ; parmi les organisateurs, France – Cuba 87 qui, on imagine, se bat aussi en faveur des droits de l’homme bafoués dans cette dictature. Autre exposition annoncée : celle du photographe Philippe Laurençon à Nexon ; critique sur son travail : « …rend un regard tout particulier sous forme de portraits, d’arrêts sur images. » Du côté littérature et publications : Elodie Joubert présente un festival du livre jeunesse à Issoudun sur le thème Jartdin, avec une esquisse critique en forme de jeu de mots : « Ajoutons à cela la participation des fleuristes de la ville et l’on pourra dire que ce salon… « ratisse large ». En fait, pas de « vraie » littérature, mais un papier élogieux de J.Devaux sur une b.d., « Comme un goût de coco » (tout lien avec l’Echo serait…, etc. etc.), qui lui rappelle les bonnes b.d. d’antan, et d’Elodie Joubert sur « Comment naissaient les bébés autrefois » (La Martinière) : « antan », « autrefois »… serait-on nostalgique à L’Echo ? Finalement, l’originalité de ton vient, comme souvent, que l’on partage ou non ses idées, de Rolland Hénault et de sa chronique « Les mots pour le dire », qui s’attache à éclairer des mots et des expressions comme, cette fois-ci : « ambassadeurs de tri », s’achevant par : « Ah ! les éboueurs ont bien changé depuis que les balayeurs sont techniciens de surface ! ».
Désormais, la rubrique « Sortir » du Populaire est séparée de « Lire », ce qui semble plus logique. Nul doute qu’avec ces deux ensembles, le quotidien propose une vraie partie magazine culturel, pilotée par Cris Dussuchaud (on se demande avec intérêt si les amusants pseudonymes vont perdurer au bas de certains articles...). Festival « Danse Emoi » oblige, il est question de Gallota à travers un entretien de Muriel Mingau (qui sait écrire) avec le chorégraphe. Hélène Pommier (que l’on avait découverte jadis fan de ce grand dadais bobo de Vincent Delerm) consacre pour sa part un article au chanteur Tom Poisson où elle ne se prive pas de faire quelques jeux de mots en s’interrogeant sur le pseudonyme ; un a priori positif : « …bulles de poésie, de mélancolie et d’humour. » Il est aussi question, sur cette page musicale, de rock contemporain. Intéressant, un tableau avec divers « coups d’cœur du Populaire », du roman au disque en passant par la b.d. (pas le même coup de cœur que J.Devaux dans L’Echo). Cormac McCarthy ou Bernard Lavilliers en 1ers de la liste, rien à dire ! S’en suit l’inévitable agenda, exercice imposé, obligatoire, utile, indispensable, mais compliqué à mettre en forme pour le rendre agréable… Ici, des photos en couleur, des encadrés (par exemple sur l’excellent Jacky Molard), les chiffres de fréquentation des cinés à Limoges, rendent les choses plus digérables. Il s’agit bien là de la thématique « sortir », pas uniquement culturelle ; donc : il est question de randonnées, de sports, de chine, de patrimoine, etc… L’occasion, au passage, de constater qu’il se passe des tas de choses intéressantes dans la région. Attention toutefois à ne pas utiliser de trop petits caractères qui peuvent rebuter les vieux lecteurs du journal… Ailleurs, un petit entrefilet rappelle judicieusement qui fut André Antoine (il mérite un grand article, non ?). Laurent Bonilla évoque, lui aussi, le Chalard et sa saison hivernale, avec cette expression plus appropriée au rock – mais pourquoi pas ! – : « Et attention, rien que du lourd, des pianistes que les plus grandes salles du monde s’arrachent… ». Le journaliste revient, à juste titre, sur le rôle positif joué par le rejeton d’une grande famille : Albin de La Tour (« dont la famille est propriétaire de la très belle abbaye du Chalard depuis des siècles »). On apprend au passage que l’édition 2007 est déficitaire : « certains élus étant encore trop frileux… » - Lesquels ? est-on tenté de demander et : est-ce la vraie raison ? Et l’Etat ? D’ailleurs le journaliste précise que « la musique de chambre peine parfois à faire recette. » En revanche, on ne comprend pas bien pourquoi le titre général est « la vie des clubs »… Le même journaliste évoque, après Hélène Pommier, un autre poisson : en fait, le logiciel germano – japonais small fish avec lequel performe le trompettiste japonais Kiyoniri Sokabé, dûment photographié soufflant dans son instrument (plait-il autant que ceux du groupe cité dans L’Echo « aux filles de petite vertu comme aux garçons de bonne famille »… ?). Quant à Jean-François Julien, autre fin connaisseur de la musique, il annonce un récital du pianiste libanais El Bacha, au pôle de Lanaud qui, autant que dédié à la vache limousine, le devient aux artistes, ce qui n’a pas forcément de rapport. Il n’est pas question, dans l’article du Popu, de la promesse d’agapes bovines promises dans L’Echo. Pas si loin du Beyrouth natal de l’artiste : Bagdad et ses nuits, une pièce de Mohamed Kacimi annoncée au théâtre de L’Union par Muriel Mingau. Le choix est fait de donner la parole au metteur en scène, Paul Golub. Pour clore ces 7 pages (comme dans L’Echo) plutôt denses (et même danse…) une ouverture vers d’autres lieux de la Haute-Vienne – Jean-Marie Misset évoquant ainsi « un concert pas bidon » avec le Tropique du Cancer Steel Band qui tape sur des… bidons. Attention : L’Almanach Vermot guette !
La rubrique « Lire » compte deux pages, de brèves, de critiques et d’entretien. Au rayon critique, des auteurs de best-sellers : Jean-Guy Soumy et Christian Signol. Le premier évoque (avec beaucoup de citations) le dernier livre de Stefano Benni chez Actes Sud ; le second commente deux ouvrages, l’un de Tahar Ben Jelloun sur sa mère (Gallimard), l’autre de Philippe Pollet-Villard sur son père (Flammarion). Quant à l’entretien, signé Chris Dussuchaud, précédé d’une introduction et accompagné d’une critique plutôt bien troussés, il nous permet de faire plus ample connaissance avec Alexis Salatko, écrivain et scénariste (de l’excellent Labyrinthe de Pan), devenu en quelque sorte limousin par alliance et inspiré par notre région. Dans ce numéro, semble-t-il, pas de critique signée par Marc Formet, qui travaille à la librairie Anecdotes (récemment rachetée), partenaire du journal, et qui vient de publier un premier petit recueil de nouvelles, dont nous avons publié par ailleurs la critique.
Que doit-on conclure de ce comparatif ? Que doit-on dire après lui ? D’abord qu’il ne serait vraiment pertinent que s’il était fait sur plusieurs semaines ou mois (ainsi nous semble-t-il que L’Echo parle beaucoup plus de poésie contemporaine que Le Populaire – même si une page a été consacrée il y a peu à Marcelle Delpastre, on attend d’autres beaux articles sur les poètes contemporains limousins pas encore morts : Rouffanche, Thuillat, Lacouchie et tous les autres)… Que le pluralisme est nécessaire et fragile et qu’on doit donc le préserver, surtout par les temps qui courent. Qu’il est toujours bon de s’ouvrir à toutes les formes d’art et d’écriture, à tous les festivals, et pas seulement les « gros ». Qu’un journal est aussi une entreprise qui doit certes plaire à ses lecteurs pour les conserver, mais peut aussi, parfois, modestement, les éclairer. C’est aussi cela « aller à l’idéal et comprendre le réel».