> Grèves de novembre: ensemble tout devient possible ?
Par Tristan le lundi 5 novembre 2007, 08:50 - Politique nationale - Lien permanent
Il faut être fin stratège
pour planifier une "bonne" grève. Entendez par "bonne grève" un conflit qui
mobilise du monde, qui s'éternise dans le temps, et qui facultativement arrive
à ses fins.
En général, la période propice pour un mouvement social se situe quelques
semaines avant les vacances où comme le disait Hugues Aufray dès que le
printemps revient (mai 68, loi Fillon, CPE).
Les centrales syndicales officiellement déçues par la grève entreprise le 18
octobre, ont donc repensé le mouvement pour qu'il est plus d'impact. La grève
des cheminots devient donc illimitée et pourrait ainsi se fendre avec le
mouvement de protestation des fonctionnaires et des étudiants-lycéens qui
débutera une semaine après. Ensemble tout devient possible ?
- 13 novembre
Grève nationale "contre la réforme des régimes spéciaux de retraites"
illimitée et reconductible par durée de 24 heures lancée par 6 des 8 syndicats
de la SNCF. A la
RATP
une décision doit être prise en début de semaine
- 14 novembre
Appel à la grève chez EDF et GDF "contre la réforme
des régimes spéciaux de retraites".
- 20 novembre
Appel à la grève dans la fonction publique, chez les
lycéens et les étudiants "contre les réductions
d'effectifs" et "pour les salaires".
- 29 novembre
Appel à la grève des fonctionnaires de
justice "contre la réfome de la carte de justiciaire".








Commentaires
Si la grève des cheminots "empiète" sur les autres, elle brouillera les revendications rendant le message inaudible (en même temps avec autant de grèves différentes ça ne manquera pas) et les contaminera de son impopularité.
Les divers JT ne devraient donc pas avoir besoin de trop travailler : les micro-trottoirs à base de "prise d'otage" sont déjà prêts...
Et l'essentiel reste malheureusement absent des revendications : la grève contre les franchises médicales, début de la mise en pièce du principe fondateur de notre système de santé : la solidarité.
Raison majeure de protester selon moi, et pour le moins fédératrice à mon sens. Mais dramatiquement absente des revendications...
Bref avec ce "programme" de grève, le gouvernement n'a apriori pas trop à s'inquiéter...
En ce qui concerne la réforme des régimes spéciaux de retraite, les multiples sondages confirment invariablement les uns après les autres que les français sont de plus en plus largement et majoritairement favorables à la mise en place de cette réforme. Ainsi, un sondage réalisé par l'institut Opinion Way en date des 19 et 20 octobre dernier indique que 68% des personnes interrogées n'approuvent pas la position des syndicats, que 71% souhaitent que le gouvernement ne céde pas sur cete réforme et que 85% exigent la mise en place d'un véritable service minimum.
En dépit de ce constat, depuis quelques semaines, que ce soit à la S.N.C.F. ou à la R.A.T.P., des organisations syndicales dont la capacité de nuisance est inversement proportionnelle à la représentativité, toujours prêtes à défendre des avantages corporatistes issus d'un autre âge, décident donc, les unes après les autres, d'organiser une nouvelle prise d'otage reconductible dans les transports publics à compter du mardi 13 novembre prochain à partir de 20 heures.
Or, ce nouveau mouvement social ne tient pas compte d'une réalité pourtant flagrante : nous ne sommes plus en 1995, les mentalités ont évolué sur pas mal de sujets et aujourd'hui, de manière indiscutable, une majorité de français sont largement favorables à cette réforme des régimes spéciaux de retraite et sont donc, par conséquent, opposés à cette grève. A un moment ou le spectre des grandes grèves de 1995 resurgit, il nous appartient donc de faire savoir que bon nombre d'entre nous ne sont pas disposés à assister passivement à une nouvelle tentative de paralysie de notre pays.
Dans ce contexte, il convient donc, dès aujourd'hui, de nous mobiliser, de réfléchir ensemble à toutes les initiatives qui pourraient être envisagées et qui auraient pour objectif d'exprimer un soutien massif à cette réforme des régimes spéciaux de retraite et notre opposition à toute tentative d'un nouveau blocage des transports publics de notre pays.
L'état de grâce de Sarko est terminé ! Même s'il a bien fait son job en allant chercher lui même les journalistes otages au Tchad (encore un bon coup de com) il ne faut pas oublier la crise sociale qui est en train de naître.
Le gouvernement se rend compter que les 15 milliards de cadeaux fiscaux qu'il a consenti pour quelques uns de ses amis dont les poches sont déjà bien pleines n'ont pas eu d'impact ! Pire, la croissance n'est pas repartie et il faudra (aprés les municipales bien sur) mettre en place un plan de rigeur pour financer ces 15 milliards !
Alors d'un côté, on a les riches qui gagnent toujours plus et de l'autre les pauvres qui sont de plus en plus pauvres ! C'est pas faute de les avoir averti pendant la campagne des présidentielles !
Du coût on rend les régimes spéciaux de retraite responsables de tout et fait faire des sondages plus ou moins douteux car tout le monde est pour une réforme des régimes spéciaux, même les syndicats mais pas de cette manière !
Alors on peut moquer tous les mouvements sociaux qui sont en train de se mettre en place pour le mois de novembre mais nous sommes dans une grave crise sociale dont le gouvernement aura du mal à sortir !
Des gens qui travaillent depuis 20 ans, qui cotisent et qui manifestent devant le ministère du logement parce qu'ils n'arrivent plus à se loger ! Et bien sur les CRS qui les expulsent comme si c'était des sans papiers !
Des pêcheurs qui bloquent les ports et bientôt les raffineries de pétrole parce que la flambée des prix ne leur permet plus de gagner leur vie !
Des fonctionnaires qui se battent parce que leur pouvoir d'achat diminue comme tant d'autres professions et à qui on propose de supprimer un départ à la retraite sur deux pour financer la simple remise à niveau de leur rémunération !
Les perspectives ne sont pas bonnes, la croissance est nulle, la dette explose, le pouvoir d'achat n'augmente pas, l'inflation qui risque d'exploser dans les mois qui viennent...
Monsieur Sarkozy, vous ne tenez pas vos promesses mais en même temps, qui celà étonnera ?
Au fait je n'ai pas vu dans la réforme des institutions la limitation à 2 du nombre de mandat de Président de la Républqiue ! En même temps si c'est pour faire comme Poutine...
@noun : "début de la mise en pièce du principe fondateur de notre système de santé : la solidarité.", si les micros trottoir de prise d'otage sont prêts, on remarque que chez toi, les formules creuses apprises à gaucholand tournent à plein ;-)
@seb : tu vas pas nous la jouer "Sarko don Saluste" avec les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Les 35h ont paupérisé (appauvri si tu préfères) les classes populaires et là, bizarrement on n'a rien entendu. Tu aimerais une crise sociale, c'est la seule chance de la gauche de faire croire qu'elle est utile.
Mais les régimes spéciaux, c'est quoi ? Dans notre société c'est une forme de privilège et c'est la gauche qui se bat pour les maintenir ? Le conservatisme est devenu une valeur de gauche, c'est bien ce que nous dénoncions pendant la présidentielle.
"Les perspectives ne sont pas bonnes, la croissance est nulle, la dette explose, le pouvoir d'achat n'augmente pas, l'inflation qui risque d'exploser dans les mois qui viennent..." dis tu... Je me rappelle avoir écrit la même chose du temps de Jospin à la différence que la croissance mondiale lui laissait des marges qui n'ont pas été exploitées. Une occasion manquée ??
Un peu de réalisme et de pragmatisme. La politique politicienne a ses limites non, tu devrais méditer un peu là dessus ;-)
Les grèves, les grèves, les grèves encore et toujours. Je suis d'accord le droit de grève est indiscutable, essentiel mais à force de trop en abuser ce droit perd de sa substance, de son sens. La grève est devenue le seul moyen (quels que soit les gouvernements de gauche comme de droite) que connaissent les syndicats pour défendre non pas l'intérêt général des salariés (dans leur globalité, du public comme du privé) mais les intérêts catégoriels d'une minorité de la population active (je dis active car il ne faut pas oublier les chômeurs qui sont oubliés par les syndicats) de préférence une population sous statut.
Il faut arrêter de se bercer d'illusion, à chaque réforme son lot de grèves, c'est le règne du conservatisme (je ne suis pas pour la réforme pour la réforme mais quand même) alors même qu'à gauche comme à droite les constats sont partagés.
Le réforme des régimes spéciaux des retraites est incontournable ceux qui pensent le contraire sont soit des démagogues soit des irresponsables corporatistes. La méthode du gouvernement est franchement à revoir mais sur le fonds c'est la raison qui prime.
Au-delà il faut arrêter de dire que tout est la faute du gouvernement (je le redis je ne suis pas sarkosyste) si le pétrole augmente c'est pas la faute du gouvernement (il est seulement responsable des taxes), si le prix des matières premières augmente c'est pas la faute du gouvernement (c'est la demande forte des pays en développement), s'il pleut c'est la faute du gouvernement ... Cela ne veut pas dire que rien ne doit être fait ou exploré pour tenter d'apporter des solutions ou des dispositifs transitoires.
Pour reprendre les propos de Noun sur les franchises médicales, en effet, pourquoi les syndicats ne se manifestent ils pas sur ce sujet qui concerne tous les français (sont-ils tous concernés d'ailleurs les cheminots, la RATP, EDF GDF avec leur couverture santé spécifique).
@ balsam : excellent post qui vient confirmer, si besoin était encore, que le conservatisme et l'immobilisme sont devenues des valeurs défendues par une gauche à bout de souffle qui se réjouit de voir resurgir le spectre des grandes grèves de 1995 pour se redonner l'illusion de son utilité... Ces arguments viennent donc certainement illustrer cette opposition constructive tant annoncée par François HOLLANDE au lendemain des dernières législatives mais que nous attendons toujours de voir se concrétiser dans les faits par des propositions réalistes et des comportements crédibles.
Bonne journée ;)
Et bien Balsam, méditons ensemble ! Tu reprochais à Jospin la baisse du pouvoir d'achat, la croissance nulle, l'inflation qui explose...n'est ce pas ?
Et bien reprends les chiffres de l'époque tu veux bien, croissance moyenne de prés de 3 % pendant 5 ans, baisse de la TVA, prime pour l'emploi, suppression de la vignette auto, mise en place de la TIPP flottante, diminution à 3 % de la dette pour pouvoir répondre aux critères de Maastrich et rentrer dans la zone euro...
Les 35 h, parlons en ! Pourquoi diable si c'est le mal du siècle ne pas les avoir supprimés depuis que la droite à repris le pouvoir ? Peut on me l'expliquer parce que à part dire que tout est de la faute des 35 h, qu'est ce que la droite à fait depuis 5 ans pour revenir dessus ? Elle a augmenté le quota des heures supplémentaires. Autrement dit si quelqu'un veut travailler davantage il peut déjà le faire alors arrêtons avec le travailler plus pour gagner plus ! Une fois de plus se sont les patrons qui décident !
J'aimerai une crise sociale pour que la gauche paraisse utile ! Ce n'est pas la gauche qui pousse les gens à aller manifester, ce n'est pas la gauche qui préfère donner encore plus de pouvoir d'achat à ceux qui en ont déjà suffisamment...
Quand la droite promet toujours de baisser la TVA sur les disques ou dans les restaurants alors qu'elle sait trés bien qu'elle ne peut pas, la gauche, elle réduit de 1% le taux de TVA que Juppé avait augmenté et là on touche tout le monde... Mais la TVA sociale elle en est où ?
Ce n'est pas la gauche qui augmente le salaire du Président de 120 % ! A oui il faut bien qu'il gagne autant que son Premier ministre ou les autres dirigeants européens ! Au moins il tient une de ses promesses, travailler plus pour gagner plus ! Je ne suis pas sur qu'en travaillant plus je sois augmenté de 120 %.
Et je ne parle pas de sa promesse de baisser le train de vie de l'Etat ! Augmentation de son salaire ; délocalisation des Conseils de Ministre qui coûtent une fortune alors qu'on sait qu'un Conseil des Ministres ne sert pas à grand chose ; rachat d'un immeuble qui appartenait à l'Etat, qu'on avait vendu et pour lequel on paye 120 millions d'euros en plus...
Et à midi, j'entends que Sarko ne se soucie plus des déficits publics ! Et bien, lui qui avait promis de réduire la dette parce que je le rappelle c'est le 1er budget de la France, ça promet pour les 5 ans à venir...
Tu veux du réalisme et du pragmatisme, le voilà. La gauche c'est l'équité sociale, la justice sociale, le maintien des services publics, la hausse du pouvoir d'achat pour ceux qui consomment et en ont besoin, la priorité à l'éducation (une école qui ouvre c'est une prison qui se ferme), à la recherche, la gauche c'est aider les jeunes à s'insérer dans la vie professionnelle, la gauche c'est construire des logements pour tous, la gauche c'est le co-développement pour lutter contre l'immigration et non les quotas et les test ADN...
Bref, la gauche c'est une société basée sur le progrès sans laisser personne au bord du chemin !
Médites toi aussi sur les conséquences d'un ultra libéralisme, sur les conséquences d'un démentellement de la Sécurité sociale, sur les franchises médicales, sur les tests ADN, sur les quotas d'immigration...
La politique politicienne a ses limites mais la poltique fiction de Sarkozy commence à montrer ses failles !
@seb: Tu parles d'une politique de gauche! baisse de la TVA, suppression de la vignette auto qui soit dit en pensant était la taxe la plus équitable car les riches payés plus pour leurs grosses voitures, et diminution des déficits pour respecter le pacte de stabilité! Et je peut en rajouter une petite couche si tu veut qui à mis en place une privatisation partielle d'Air France? Lionel Jospin!
Alors oui de 1997 a 2001 la croissance a été bonne mais pour la simple et bonne raison que Jospin et compagnie ont appliqué une politique de droite! Même lui l'a dit en 2002:"le programme que je vous propose n'est pas un programme socialiste!" tout est dit...
Martus, les privatisations ne sont ni de gauche ni de droite même si je conçois qu'il fut un temps où la gauche nationalisait et la droite privatisait mais lorsqu'une entreprise est en bonne santé (grâce à l'aide de l'Etat) elle doit se passer de l'aide de l'Etat !
Jospin a appliqué une politique de droite dis tu ? Et bien que je sache, Sarkzy n'est pas en train de mettre en place une politique de gauche ! Sois sérieux un peu, s'il a dit que son programme n'était pas socialiste, il n'a pas dit qu'il était de droite ! Je crois que tu as trés bien ce qu'il a voulu dire mais tu l'arranges à ta sauce mdr !
@balsam : pourquoi me repproche tu de pseudos "formules creuses apprises à gaucholand" si tu es incapable d'y opposer le moindre argument concret, mais juste de me répondre par un peu de mépris finalement encore plus creux sur le fond ?
Le principe fondateur de la sécu est en effet la solidarité qui veut que tous payent pour tous et notament les biens portants pour les malades.
Les franchises médicales (qui ne pourront qu'augmenter dans l'avenir) introduisent la casse de ce principe en instaurant le fait que chacun paye pour ce qu'il consomme.
Je vous souhaite donc de connaitre des problèmes financiers et de souffrir d'une maladie nécéssitant des traitements quotidiens pour bien goûter de la pertinence de telles mesures.
@noun: ne raconte pas n'importe quoi! Les franchises médicales ne s'appliqueront pas aux femmes enceintes, aux enfants, mais également aux personnes dont l'état de santé nécessitent des soins quasiments quotidiens! Il faudrait arrêter la démagogie et le populisme même si ça fait gagner des voix! On n'est pas des monstrueux salaud qui ne pensons pas au plus défavorisés mais vu l'état de la sécu y'a pas 36 solutions. Soit on laisse augmenter les déficits ce qui est inévitable avec l'allongement de la durée de vie et dans 20 ans il n'y aura plus de sécu, soit on demande un effort à chacun pour permettre de pérenniser le meilleur système de santé du monde! Entre payer 1€ ou 22€ bientôt moi j'ai fait mon choix!
Les franchises s'appliqueront bien aux travailleurs pauvres et à ceux qui ont des soins quotidiens ou quasi quotidiens (il y aura juste un plafond).
Et comment arguer du "trou" de la sécu qui obligerait à de telles mesures quand le montant du dit trou est de 12 milliards d'€ soit précisément la somme du cadeau/paquet fiscal/électoral accordé aux plus fortunés de nos concitoyens ?
C'est simplement une honte.
La volonté de casser le système de solidarité pour glisser vers des assurances privées est pourtant gros comme une maison. Ce ne sont pas les amis de notre président qui ont leur billes dans ces assurances qui me contrediront, puisqu'ils s'en sont déjà félicité publiquement...
@ noun : il faudrait effectivement éviter de raconter tout et n'importe quoi à propos des franchises médicales ou de la réforme des régimes spéciaux de retraite. Dans une société ou nous entrons plus tardivement sur le marché du travail, ou nous cotisons moins (merci aux 35 heures !) et ou l'espérance de vie s'allonge davantage chaque année, il faut être pragmatique, lucide et réaliste : si nous voulons préserver le système social actuel, il est effectivement incontournable de travailler davantage. Ceux qui prétendent le contraire se racontent de douces histoires mais il faudrait peut être faire preuve d'un peu de réalisme en la matière et d'arrêter de faire croire qu'il est possible de travailler toujours moins et dans le même temps, continuer à bénéficier de notre système de protection sociale sans se préoccuper de son financement à court, moyen et long terme.
Je ne vois pas où je raconte n'importe quoi sur les franchises médicales et où je fais preuve d'irréalisme en ne reconnaissant pas que ces dépenses vont aller en augmentant ?
La réalité s'est simplement que la politique décide de choix budgétaires et de façon de financer la santé, notament.
Le gouvernement actuel choisit de dilapider le budget de l'Etat via le manque à gagner des cadeaux fiscaux accordés à à une partie de la population qui n'est pas dans le besoin. Alors même que le coût de cette opération est égale au montant du trou de la sécu.
Les moyens de financer la santé pourrait être axés sur la solidarité (augmentation des prélèvements obligatoires) ou en limitant les dépenses de manière bien plus efficace (vrai contrôle des prescripteurs...), au lieu de cela on choisit d'ouvrir la voix aux assurances privées (avec toutes les dérives que cela comporte) en pénalisant les plus malades et les moins riches.
Ce n'est pas par fatalité ou par réalisme. C'est juste un choix politique.
Manifestement la droite n'est pascomplètement décomplexée puisqu'incapable d'assumer cela sans se cacher derrière la propagande du "de toute façon il n'y a pas le choix"...