> Universités: un mois de septembre qui risque d'être mouvementé
Par Tristan le samedi 23 juin 2007, 04:09 - Politique nationale - Lien permanent
Le Conseil
national de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (Cneser) était réuni vendredi pour examiner le projet de loi sur
l'autonomie des universités défendu par Valérie Pécresse, la nouvelle ministre
de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (en photo).
Les discussions qui avaient commencé depuis sept
heures se sont brutalement achevées peu avant 22h lorsque
les syndicats étudiants Unef et Fage, ainsi que la CGT,
ont quitté vendredi la séance du Conseil pour dénoncer ce "semblant"
de dialogue.
La composition du conseil d'administration, la sélection au master, et l'autonomie optionnelle des universités sont les trois points essentiels qui font débat. La ministre estime elle que "le texte qui a été élaboré porte une cohérence, une stratégie d'ensemble" et que tous les voeux exprimés ne peuvent donc pas être repris au risque sinon de modifier cette "cohérence".
A la sortie certains responsables jeunes n'ont pas
hésité à parler de "crise grave" qui s'annonce pour
l'université française. Le président de l'Unef en appelle même au président de
la République "pour trouver une issue". Cet appel fait pensé à celui
lancé en 2006 à Jacques Chirac pour résoudre la crise du CPE.
Le projet de loi doit être présenté mercredi prochain en Conseil des
ministres.
Téléchargez le projet de texte en pièce jointe.
(Photo: Maxppp)








Commentaires
L'expression "crise grave" est vraiment appropriée, même si cette réforme de l'université est absolument nécessaire et désirée du monde universitaire. Cependant, dans ton papier Tristan tu mets la lumière sur le rôle de certains syndicats et en paticuliers des syndicats étudiants ; tu as raison, mais je tiens à rappeler que ces groupes ont un rôle tout à fait secondaire dans l'affaire : la CPU (les présidents des universités) et l'ensemble du CNESER ont hier rejeté la proposition de loi la jugeant inamendable ! Et du même coup Valérie Pécresse n'a pas tort non plus : modifier le moindre article de cette proposition en pervertirait l'esprit... c'est bien pour cela qu'il faut le rejeter en bloc. Si le texte et les dangers qu'il présente vous intéressent, je l'envoie à Tristan avec un commentaire que j'en ai fait à mesure que les propositions arrivaient ; il y a des points très intéressants dans la réflexion qui a été menée pour construire ce document de travail, mais en l'état c'est une loi qui créerait une concurrence déloyale entre les universités et conduirait inévitablement à la disparition des plus petits établissements (l'université de Limoges n'aurait guère d'avenir par exemple alors qu'une réforme pensée pourrait en valoriser certaines filières et sauver au moins une amorce de formation dans d'autres) ; les questions clés qui sont sans doute à l'origine de la crise de l'université aujourd'hui sont négligées par cette proposition de loi. Enfin, pour en revenir au rôle de l'Unef par exp, ne tombons pas dans le panneau : le leader de Unef est impopulaire auprès d'un grand nombre d'étudiants (il est un peu en retard comme étudiant, il véhicule l'image du garçon qui ne réussissant guère dans les amphis s'agite à côté), les commentaires à son égard son acerbes et ils contaminent les prises de position du syndicat étudiant dans son ensemble que beaucoup de jeunes gens considèrent comme une gène et non pas comme un groupe de défense et de conquêtes d'avancées pour le statut des étudiants. Je crois même que l'investissement de l'Unef dans les blocages anti-CPE des facs a contribué à rapprocher une part importante des plus jeunes électeurs de Nicolas Sarkozy : ils ont trouvé injuste qu'on les empêche d'aller dans les locaux des universités, que l'action mette parfois en péril l'organisation des examens, empêche le déroulement normal des cours dont un très grand nombre n'a pu être rattrapé, etc. La médiatisation de l'action des syndicats étudiants aboutit je crois à une certaine haine de ces organisations dans des groupes plus étendus, alors méfiance, il ne faudrait pas que le rejet de la proposition de réforme en l'état passe à la longue pour un refus aveugle et systématique d'une proposition parce qu'elle émane d'un gouvernement UMP. Il s'agit vraiment d'un refus raisonné.
Et voilà, première réforme et déjà premier couac pour Sarkozy et Fillon ! Celà étonne-t'il quelqu'un ? Et ce n'est qu'un début ! Madame Pécresse n'est pas la 1ère à avoir essayé et elle a raison de tenter sa chance car une réforme est nécessaire mais elle a oublié à qui elle avait à faire ! Le problème avec la droite, c'est que pour elle, discuter avec les organisations syndicales c'est leur proposer quelque chose sans aucune chance de négocier quoi que soit ! Alors passage en force au risque de remettre dès la rentrée des milliers d'étudiants dans la rue ? Les municipales arrivent et le risque politique sera grand !
Pas facile de dégraisser le Mammouth ! Y en a qui ont essayé et ils ont eu des problèmes ! Dixit Bayrou, Allégre et Ferry !
Heureux de voir un concensus anti projet. Que Séb soit contre est normal, il est dans son rôle et ma foi c'est normal mais dans le commentaire de Myriam, je suis assez étonné. On parle de consurrence déloyale. Mais il s'agit d'autonomie pour les universités qui le souhaitent.
Rappelons au'au départ quand on pensait que c'était pour tout le monde, les syndicats hurlaient NON ! Et maintenant qu'on donne le choix, ils disent NON ...parce que c'est pas tout le monde. Résultat, seule solution pour les syndicats, le statut quo.
Parler de Limoges menacé alors que Limoges se targue d'être en avance sur tout, soit c'est être de mauvaise foi, soit c'est reconnaitre que l'Université et son président nous mentent depuis des années...
Concernant l'UNEF, c'est vrai que l'UNEF a fait du mal. Tout bloquer pour le plaisir, parce qu'à Limoges, par exemple, c'était ça en Fac de lettres, et bien ça ne sert personne.
A quand des syndicats responsables et représentatifs et pas le bras armé de tel ou tel parti politique de gauche à 95% comme de droite à 5% ???
Les deux messages ne sont pas représentatifs d'un "consensus anti". Si le texte était amendable et discutable, cela ne poserait pas de problème ; le refus est de part et d'autre : puisque c'est cela ou rien, alors pour l'instant c'est rien ; ensuite avant de tenir des propos hostiles aux syndicats en général, il faudrait peut-être prendre connaissance des enjeux et comprendre qui sont les interlocuteurs du gouvernement dans l'affaire. Par exemple les représentants des présidents des universités ont refusé le texte en l'état... ils ne constituent pas un collectif syndical aux ordres. Quant à l'université de Limoges, non elle n'est pas en avance sur tout. Peut-être faudrait-il s'interroger avant de louer la politique universitaire menée ici sur la place accordée à l'université dans la région, dans la ville, sur le nombre de labo UMR CNRS, sur le ratio nombre d'habitants, nombre d'étudiants par exemple. Alors là discuter prendra un sens.